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Le chewing-gum : la pollution plastique qui coûte chez aux collectivités

Sommaire
Ils parsèment nos trottoirs de taches indélébiles, ils collent sous les bancs, s’accrochent aux semelles, et se fondent dans le bitume. Le chewing-gum fait partie de ces déchets du quotidien que l’on remarque à peine, mais qui représentent un véritable casse-tête pour les collectivités.
Facile à consommer, discret à jeter, le chewing-gum est pourtant l’un des détritus les plus coûteux et des plus persistants à nettoyer. Il représente par ailleurs le deuxième déchet urbain le plus fréquent après le mégot de cigarette.
Keenat vous propose de faire le point sur la réalité de cette pollution souvent sous-estimée : de sa composition plastique à ses impacts visuels et budgétaires, jusqu’aux solutions concrètes pour réduire sa présence dans l’espace public.
 

En résumé :

  • Réduire la pollution des chewing-gums commence par comprendre leur impact environnemental, économique et visuel.
  • Même si ce déchet semble anodin, il persiste plusieurs années, se fragmente en microplastiques et génère des coûts importants pour les collectivités.
  • La sensibilisation des citoyens, l’installation de dispositifs de collecte et la promotion de chewing-gums biodégradables sont autant de leviers concrets pour limiter ce fléau.

Anatomie d’un chewing-gum

Les chewing-gums sont composés de plastique et représentent un déchet qui coûte cher aux collectivités

Origine et évolution des chewing-gums

À l’origine, le chewing-gum était une gomme naturelle, issue du latex du sapotillier (le chicle), mâchée pour son élasticité. Mais depuis les années 1950, l’industrie a remplacé cette base végétale par des polymères synthétiques, autrement dit : du plastique.
 

Composition chimique​

Aujourd’hui, un chewing-gum industriel est composé d’environ 30 % de gomme synthétique (souvent du polyéthylène ou du polyisobutylène, similaire à ceux utilisés dans les pneus ou les bouteilles). À cette base s’ajoutent divers additifs solubles : sucres ou édulcorants, arômes, colorants et agents stabilisants. Une fois mâché, il ne reste qu’environ un tiers du bonbon. Imprégné de salive, il a légèrement gonflé, mais a perdu la plupart de ses composants solubles.
 
Résultat : une texture souple, savoureuse… et non biodégradable. Une fois jeté au sol, le chewing-gum devient un petit déchet plastique, persistant et complexe à éliminer.
 

chiffres clés à retenir

Un chewing-gum, c’est 30 % de plastique, 5 ans pour se dégrader, et jusqu’à 2 € pour en enlever un seul

Une pollution urbaine invisible, mais tenace​

Durée de dégradation​

Un chewing-gum abandonné sur le trottoir met en moyenne 5 ans à se dégrader naturellement. Exposé aux intempéries, il s’aplatit, s’assombrit et s’incruste dans les surfaces poreuses. Ces “taches noires” bien connues de tous forment une constellation permanente dans les rues piétonnes, les gares ou les abords d’écoles.
 

Un indicateur de propreté perçue​

Au-delà de l’aspect esthétique, c’est un indicateur de propreté perçue. Les études sur la qualité urbaine montrent qu’un sol taché de chewing-gums influence négativement la perception de sécurité et de soin d’un quartier. Pour le passant, une chaussée sale donne l’impression d’un espace négligé. Pour la collectivité, c’est un enjeu d’image et d’attractivité.
 
Mais le problème ne s’arrête pas là : ces gommes peuvent être emportées par les eaux pluviales, se fragmenter et contribuer à la pollution microplastique des sols et des réseaux d’assainissement.
 

Un coût caché pour les collectivités​

Un déchet plastique qui colle aux finances publiques ​

Les chewing-gums comptent parmi les déchets urbains les plus coûteux et complexes à éliminer. Pourquoi ? Parce qu’ils s’accrochent fermement aux surfaces, nécessitent un nettoyage ciblé, et ne peuvent pas être ramassés mécaniquement.
Selon plusieurs estimations, enlever un seul chewing-gum coûte entre 0,50 € et 2 €, selon la méthode utilisée, soit en moyenne trois fois plus cher que son prix d’achat : un symbole frappant du coût de cette pollution du quotidien.
Sur une place piétonne ou une gare où des milliers de gommes s’accumulent chaque année, la facture grimpe rapidement. À cette échelle, les chiffres deviennent vertigineux. Pour nettoyer les Champs-Élysées, il faudrait compter un budget d’environ 227 290 €.
​​Certaines villes françaises dépensent chaque année plusieurs dizaines de milliers d’euros uniquement pour ce poste. Un poids budgétaire difficilement soutenable, d’autant plus qu’il faut recommencer sans cesse.  
 
 

Des méthodes coûteuses en énergie et en temps​

Les méthodes de nettoyage actuelles, vapeur haute pression, décapage thermique ou solvants biodégradables, demandent du temps, de l’énergie et du personnel. Le résultat est souvent temporaire, car de nouvelles gommes apparaissent dès les jours suivants.
Le traitement d’une surface de 50 cm² peut prendre jusqu’à une demi-heure, souvent sans obtenir un résultat parfaitement propre. Face à cette inefficacité, les services de la ville doivent arbitrer : nettoyer plus souvent ou concentrer leurs efforts ailleurs ?
Ce dilemme illustre bien le coût invisible de ce petit geste d’incivilité, à la fois économique, environnemental et humain.  
 

Les conséquences du chewing-gum sur l’environnement​

Fragmentation et pollution plastique urbaine​

Au-delà du simple aspect visuel, le chewing-gum participe à la pollution plastique urbaine. Composé de polymères non biodégradables, il se fragmente lentement sous l’effet du piétinement et des conditions climatiques. Ces microfragments peuvent être emportés par les eaux de pluie, rejoindre les réseaux d’assainissement et finir dans les milieux aquatiques.
Cette micro-pollution reste encore peu étudiée, mais elle s’inscrit dans la problématique plus large des déchets plastiques diffus, ces petits éléments qu’on ne ramasse jamais, mais qui s’accumulent partout.
 
Par ailleurs, une étude de 2025 menée par American Chemical Society montre que le chewing-gum peut également être une source directe de microplastiques pour le consommateur. En moyenne, chaque gomme à mâcher libère 100 microplastiques dans la salive, avec des pics pouvant atteindre 600 particules. Elles proviennent surtout du polyéthylène et du polypropylène, et 94 % sont libérées dès les huit premières minutes de mastication. 
 

Angle mort des politiques “zéro plastique”​

À l’heure où les collectivités déploient des plans “zéro plastique” et des stratégies d’économie circulaire, le chewing-gum demeure un angle mort environnemental : un produit plastique à usage quasi unique, non recyclable par les filières conventionnelles. 
 

Des solutions à explorer​

Sensibiliser et prévenir​

La première action reste la prévention. Nombreux sont les citoyens qui ignorent encore que le chewing-gum est une matière plastique.
 
Des campagnes de communication simples et visuelles, telles que l’affichage, les interventions scolaires, et les marquages au sol, peuvent rappeler que ce geste anodin a un coût écologique et économique
 

Faciliter le bon geste : des dispositifs adaptés​

Les incivilités sont souvent liées au manque de solutions visibles. Installer des bornes ou boîtes de collecte dédiées aux chewing-gums dans les zones de forte affluence est une approche simple et efficace.
 
Ces dispositifs, proposés par des acteurs comme Keenat via la solution de valorisation des chewing-gums Freegum, permettent de les capter avant qu’ils ne tombent au sol :
 
      – Nos équipes installent des dispositifs de collecte dédiés dans l’espace public ou sur des sites professionnels ;
      – Les chewing-gums collectés sont récupérés, triés et transformés en matières plastiques recyclées utilisées pour la fabrication d’objets du quotidien (supports, signalétique, mobilier urbain, etc.) ;
      – Cela réduit la pollution visuelle urbaine, valorise des déchets plastiques tout en sensibilisant les usagers.
 

Responsabiliser les producteurs​

La mise en place d’une filière REP (Responsabilité Élargie du Producteur), sur le modèle de celle existant pour les mégots en France, pourrait contribuer à financer à la fois les coûts de traitement et les actions de sensibilisation.
 
Le Royaume-Uni a déjà mis en place un fonds national cofinancé par les fabricants de chewing-gum pour aider les collectivités à nettoyer l’espace public. Ce modèle montre la voie : les industriels peuvent être partenaires d’une propreté urbaine durable.
 

Favoriser l’innovation​

Enfin, des chewing-gums biodégradables à base de gomme naturelle (comme le chicle ou des résines végétales) existent déjà sur le marché. Encourager leur diffusion, via des labels, des partenariats ou des campagnes de sensibilisation, permettrait d’aligner la consommation avec les objectifs environnementaux des villes.
 
Le jet de chewing-gum sur la voie publique est un petit geste aux conséquences disproportionnées : pollution plastique, coûts élevés, microplastiques pour le consommateur et dégradation visuelle des espaces publics. Pour les collectivités, associer prévention, collecte adaptée, responsabilisation des producteurs et innovation est l’une des clés pour transformer ce déchet urbain insidieux en ressource valorisée.
 

Tableau des chiffres à retenir

IndicateurChiffre cléCe que ça signifie
Part de gomme synthétique dans un chewing-gum30 %Un chewing-gum moderne est en partie composé de plastique
Temps de dégradation dans la nature5 ansUn déchet petit, mais très persistant en milieu urbain
Coût de retrait d’un chewing-gum0,50 € à 2 €Un déchet très coûteux à nettoyer pour les collectivités
Rapport avec le prix d’achat3 fois plus cherLe nettoyage coûte en moyenne trois fois plus que le produit lui-même
Budget estimé pour nettoyer les Champs-Élysées227 290 €Illustration concrète du poids financier à grande échelle
Temps de traitement d’une surface de 50 cm²jusqu’à 30 minutesLe nettoyage est lent, mobilise du temps et du personnel
Microplastiques libérés par un chewing-gum100 en moyenneLe chewing-gum est aussi une source directe d’exposition aux microplastiques
Pic observé de microplastiques libérésjusqu’à 600Certaines gommes peuvent relarguer beaucoup plus de particules
Part libérée dans les premières minutes94 % en 8 minutesL’essentiel des microplastiques est libéré très rapidement

 

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Sandrine Poilpré

À propos de l’auteure :

cofondatrice de Keenat, est une experte de l’économie circulaire spécialisée dans la gestion des déchets spécifiques, notamment les chewing-gums. Elle accompagne entreprises et collectivités avec des solutions concrètes pour réduire leur impact et mieux valoriser ces déchets urbains.

Questions fréquentes

4 flèches oranges Keenat Bordeaux, sensibilisation, collecte, recyclage et valorisation des déchets

De quoi est composé un chewing-gum moderne ?​

Un chewing-gum est principalement composé de plastique. Environ 30 % de sa masse est une gomme synthétique (comme du polyéthylène, similaire à celui des pneus ou des bouteilles en plastique). Le reste est constitué d’additifs solubles tels que des sucres, des arômes et des colorants, qui disparaissent lors de la mastication.

Parce qu’il est non biodégradable. Il représente le deuxième déchet le plus fréquent en ville après le mégot de cigarette. Une fois au sol, il s’incruste dans les surfaces, formant des taches noires persistantes qui dégradent l’aspect visuel des espaces publics et donnent une impression de négligence.

Un chewing-gum met en moyenne 5 ans pour se dégrader dans la nature. Durant ce processus, il se fragmente en microplastiques.

Le coût est très élevé. Enlever un seul chewing-gum coûte entre 0,50 € et 2 €, soit en moyenne trois fois son prix d’achat. Pour certaines villes, cela représente un budget annuel de plusieurs dizaines de milliers d’euros.

L’impact principal est la pollution microplastique. Sous l’effet du piétinement et des intempéries, le chewing-gum se fragmente en petites particules de plastique qui peuvent être transportées par les eaux de pluie et polluer les sols et les milieux aquatiques.

L’article mentionne une étude montrant que mâcher un chewing-gum peut être une source directe d’exposition aux microplastiques. Chaque gomme libérerait en moyenne 100 microplastiques dans la salive, principalement durant les premières minutes de mastication.

L’article met en avant quatre solutions complémentaires :
 
  • La sensibilisation : Informer le public que les chewing-gums sont en plastique.
  • La collecte dédiée : Installer des dispositifs spécifiques, comme les bornes Freegum de Keenat, pour collecter et valoriser les chewing-gums.
  • La responsabilisation des producteurs : Mettre en place une filière à Responsabilité Élargie du Producteur (REP) pour que les fabricants participent au financement du nettoyage.
  • L’innovation : Encourager le développement et la consommation de chewing-gums biodégradables à base de gommes naturelles.

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