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Tri des biodéchets obligatoire depuis le 1er janvier 2024

Sommaire

Depuis le 1er janvier 2024, la réglementation biodéchets impose à tous les producteurs et détenteurs de déchets organiques un tri à la source en vue de leur valorisation. Cette obligation, issue de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) du 10 février 2020, concerne aussi bien les ménages que les entreprises, les collectivités et les établissements médico-sociaux.

Longtemps limitées par un flou d’application, les sanctions liées à cette réglementation des biodéchets sont désormais pleinement opérationnelles depuis un décret publié en juin 2026. Cet article fait le point sur les obligations, les risques en cas de contrôle et les solutions de gestion des biodéchets à mettre en place.

Qu'est-ce que le tri à la source des biodéchets ?

Le tri à la source des biodéchets consiste à séparer ces déchets organiques du reste des ordures avant toute collecte, dès leur point de production. L’article L.541-1-1 du Code de l’environnement définit les biodéchets comme les déchets non dangereux biodégradables de jardin ou de parc, ainsi que les déchets alimentaires ou de cuisine provenant des ménages, des bureaux, des restaurants, des cantines ou des magasins de vente au détail.

A retenir

  • Le tri à la source des biodéchets est obligatoire pour tous les producteurs depuis le 1er janvier 2024, sans seuil de volume.
  • Un décret de juin 2026 a corrigé un vide juridique qui empêchait l’application des sanctions : elles sont désormais effectives.
  • Les exploitants et intermédiaires doivent délivrer une attestation de valorisation chaque année, avant le 31 mars.
  • Compostage de proximité ou prestataire externe : plusieurs solutions existent selon l’espace et la quantité de déchets produite.

Déchets alimentaires et déchets verts : quelle différence ?

On distingue deux grandes catégories de biodéchets:  

  • Les déchets alimentaires regroupent les épluchures, restes de repas, produits périmés ou marc de café, qu’ils proviennent d’une cuisine collective, d’un restaurant ou d’un bureau. 
  • Les déchets verts couvrent les résidus issus de l’entretien des espaces extérieurs : tontes, feuilles mortes, tailles de haies ou déchets de parc et de jardin.

Cuisine, bureaux, restaurants, magasins de vente : qui est concerné ?

Depuis le 1er janvier 2024, l’obligation de tri des biodéchets s’applique à tous les producteurs, quelle que soit la quantité de déchets générée. Auparavant réservée aux structures produisant plus de cinq tonnes par an, la réglementation applicable aux biodéchets ne comporte désormais plus aucun seuil minimal : cuisines collectives, restaurants, bureaux, magasins de vente et établissements de santé sont concernés au même titre que les ménages.

Que dit la loi sur les biodéchets en 2024

Réglementation des biodéchets : que change le décret de juin 2026 ?

La loi AGEC posait le principe du tri à la source dès 2020, mais un renvoi textuel imprécis empêchait jusqu’ici l’application effective des sanctions prévues. Le décret n° 2026-435 du 2 juin 2026 corrige ce vide juridique et rétablit explicitement l’obligation, pour tout producteur ou détenteur de biodéchets, de les valoriser lui-même ou de les transférer à un exploitant d’installation de valorisation ou à un intermédiaire agréé.

Ce que change le décret n° 2026-435

Le texte introduit une nouvelle obligation de traçabilité : les exploitants d’installations de traitement et les intermédiaires doivent désormais délivrer chaque année, avant le 31 mars, une attestation de valorisation précisant le tonnage, la nature et la destination finale des biodéchets traités. Cette attestation devient une pièce de référence pour justifier la conformité de votre structure lors d’un contrôle.

Que risque-t-on en cas de contrôle ?

En l’absence de dispositif de tri à la source, l’entreprise s’expose à une amende administrative pour contravention de 4e classe, d’un montant de 750 € pour une personne physique ou 3 750 € pour une personne morale. Cette sanction administrative est généralement précédée d’une mise en demeure fixant un délai de mise en conformité. Sur le plan pénal, les manquements les plus graves ( gestion illégale, abandon de déchets ou remise à un opérateur non autorisé ) relèvent de l’article L.541-46 du Code de l’environnement et peuvent être sanctionnés jusqu’à 4 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende pour une personne physique, portée à 750 000 € pour une personne morale.

Chiffre clé

Les biodéchets représentent aujourd’hui environ un tiers des déchets ménagers en France. Source : ministère de la Transition écologique 

Comment mettre en place la gestion des biodéchets dans votre structure ?

Un prestataire fiable doit fournir des contenants adaptés, assurer un enlèvement régulier et remettre l’attestation de valorisation annuelle désormais exigée par la réglementation. La sensibilisation des équipes reste un facteur déterminant : sans consignes claires et sans adhésion des utilisateurs, même la meilleure solution de collecte perd en efficacité.

Comment choisir le bon prestataire ?

Deux grandes familles de solutions existent. Le compostage de proximité, en bac ou en chalet collectif, permet de valoriser les biodéchets directement sur place, à condition de disposer d’un espace extérieur adapté et d’un suivi régulier. À défaut d’espace ou de temps disponible, faire appel à un prestataire de collecte séparée reste la solution la plus simple à mettre en place, notamment pour les structures en milieu urbain ou celles produisant des volumes importants.

Placer un composteur ou faire appel à un prestataire ?

La mise en place d’une solution de tri des biodéchets commence par une évaluation de la quantité de déchets produite au quotidien ou à la semaine, de l’espace disponible et du budget mobilisable. Ce diagnostic conditionne le choix entre une gestion de proximité et le recours à un prestataire externe.

Compostage, méthanisation : quelle valorisation pour vos biodéchets ?

La valorisation des biodéchets répond à un double objectif environnemental et économique. Non triés, ces déchets organiques se décomposent en méthane, un gaz à effet de serre nettement plus puissant que le CO2 lorsqu’il est relâché sans captage. Correctement valorisés, ils deviennent une ressource : compost pour les sols ou biogaz pour la production d’énergie.

Le compostage : une valorisation sur place

Le compostage transforme les biodéchets en amendement organique après plusieurs mois de maturation. Il peut être individuel, collectif au sein d’un composteur de quartier, ou organisé au sein même d’une structure disposant d’un espace vert ou d’un parc. Cette valorisation sur place réduit les coûts de transport et s’inscrit dans une logique d’économie circulaire de proximité.

La méthanisation : une valorisation en usines de transformation

Pour les volumes plus importants, la méthanisation constitue une alternative industrielle. Réalisée dans des usines de transformation dédiées, elle transforme les biodéchets en biogaz, valorisable en énergie locale ou réinjecté dans le réseau. Cette filière s’inscrit dans la transition vers une économie moins dépendante des énergies fossiles, tout en réduisant le volume de déchets résiduels à traiter.

La réglementation des biodéchets n’est plus une échéance à anticiper mais une obligation pleinement applicable depuis le décret de juin 2026, sanctions à l’appui. Diagnostiquer sa quantité de déchets, choisir entre compostage de proximité et prestataire externe, puis conserver son attestation de valorisation : ces trois étapes suffisent à sécuriser la conformité de votre structure.

Cette obligation s’inscrit dans un mouvement plus large de structuration de la gestion des déchets en entreprise, qui concerne aussi bien les ménages que les différents acteurs professionnels. Des partenaires comme Keenat, spécialisés dans la collecte et la valorisation des déchets professionnels, peuvent accompagner cette structuration au-delà des seuls biodéchets.

A retenir

Structurer le tri et la valorisation de vos déchets, y compris les flux les plus souvent oubliés, fait partie des leviers RSE les plus concrets pour une organisation. Keenat accompagne entreprises, collectivités et structures médico-sociales dans cette démarche.

En savoir plus

Questions fréquentes

4 flèches oranges Keenat Bordeaux, sensibilisation, collecte, recyclage et valorisation des déchets

Qui est concerné par le tri des biodéchets depuis le 1er janvier 2024 ?

Tous les producteurs et détenteurs de biodéchets : ménages, entreprises, collectivités, sans aucun seuil minimal de volume produit.

Une amende administrative de 750 € (personne physique) ou 3 750 € (personne morale), précédée d’une mise en demeure. Un volet pénal existe pour les manquements graves.

Un document remis chaque année, avant le 31 mars, par le prestataire ou l’exploitant, précisant le tonnage et la destination finale des biodéchets traités.

Non. Le compostage de proximité est une option parmi d’autres : la collecte séparée par un prestataire externe est tout aussi conforme.

Le compostage valorise les biodéchets sur place en amendement organique. La méthanisation les transforme en usine en biogaz, une valorisation énergétique.

Oui. Tontes, feuilles mortes et tailles de haies issues de l’entretien d’un parc ou d’un jardin font partie des biodéchets à trier.

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