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Sur un chantier, dans un atelier ou en laboratoire, les lunettes de protection s’usent, se rayent et finissent tôt ou tard remplacées. Reste une question rarement traitée : que faire de ces équipements une fois hors d’usage ? Le recyclage des lunettes de protection demeure un angle mort de la gestion des déchets en entreprise, alors que ces objets, comme tout EPI, représentent un gisement de plastique technique parfaitement valorisable. Voici comment structurer une collecte efficace, sans multiplier les prestataires ni complexifier vos process internes.
En résumé
Les lunettes de sécurité utilisées en entreprise entrent dans la catégorie des déchets industriels banals (DIB). L’article L541-2 du code de l’environnement impose à toute entreprise d’assurer l’élimination ou la valorisation de ses déchets dans des conditions qui ne portent pas atteinte à l’environnement. Jetées avec les ordures classiques, les lunettes de protection ne bénéficient d’aucun tri : elles partent en enfouissement ou en incinération, sans distinction entre la monture, les verres et les éléments métalliques qui les composent.
La difficulté tient justement à cette diversité de matières. Une paire de lunettes de protection combine souvent du polycarbonate pour les verres, du plastique technique ou du métal pour la monture, parfois des mousses ou des joints. Ce mélange rend le tri manuel indispensable avant tout recyclage matière.
Alors où jeter les EPI ? Plutôt que de multiplier les prestataires par type d’objet, la mise en place d’un point de collecte unique pour l’ensemble des équipements de protection individuelle simplifie l’organisation. Lunettes, casques de sécurité, gants à usage unique et masques peuvent être déposés dans des boxs dédiées pour chaque EPI. Pour les entreprises qui gèrent des volumes importants, un big bag permet de centraliser la collecte sur un site industriel ou un chantier. Une box en carton suffit pour des flux plus modérés, en bureau ou en atelier.
Cette mutualisation réduit le nombre d’interlocuteurs, simplifie la sensibilisation des équipes, un seul geste de tri à retenir et facilite le suivi des indicateurs de collecte d’un bout à l’autre du parc d’EPI.
Le chiffre clé
Une boîte de collecte standard peut contenir plus de 400 paires de lunettes de protection usagées avant d’être envoyée en tri.
Une fois triées, les lunettes de protection sont démantelées : les verres en polycarbonate sont séparés de la monture et des éléments métalliques. Le polycarbonate suit une filière de recyclage matière lorsque la qualité du flux le permet, pour redevenir une nouvelle matière première. Quand ce n’est pas possible (mélange de matériaux non séparables, salissure excessive) la valorisation énergétique prend le relais : une solution complémentaire, qui évite l’enfouissement pur et permet de récupérer de l’énergie plutôt que de perdre la ressource.
Cette prise en charge doit s’accompagner d’une traçabilité claire : bilan des volumes collectés, répartition entre recyclage matière et valorisation énergétique, certificat remis en fin de période. C’est ce niveau de conformité qui donne de la valeur à la démarche dans un reporting RSE ou lors d’un audit ISO 14001 et qui, plus largement, s’inscrit dans les obligations qui pèsent sur les fabricants comme sur les utilisateurs d’équipements de protection individuelle en matière de fin de vie.
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Sandrine Poilpré
À propos de l’auteure :
Non. Elles relèvent des déchets industriels banals (DIB), à condition de ne pas être souillées par des produits chimiques ou biologiques à risque.
L’entreprise reste responsable de la fin de vie des EPI qu’elle fournit à ses salariés, jusqu’à leur élimination ou valorisation effective.
Le polycarbonate des verres est recyclé en nouvelle matière première quand la qualité du flux le permet ; sinon, il part en valorisation énergétique.
Oui, mais leur circuit diffère de celui des lunettes de vue classiques : elles suivent la filière EPI dédiée à l’entreprise, pas les points de collecte associatifs. Contactez un expert Keenat si vous souhaitez recycler des lunettes de sécurité à verres correcteurs.
Il suffit d’installer une boîte ou un big bag dédié aux EPI, accessible aux équipes, puis d’organiser des enlèvements réguliers avec un prestataire.
Oui, à condition de disposer d’une traçabilité documentée : volumes collectés, matières valorisées, certificats de traitement.
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