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REP EPI et vêtements pro : ce qui change en 2026-2027

Sommaire

Recyclage des vêtements et produits de protection : quel périmètre pour la future REP ?

Cet article fait le point sur ce qui va concrètement changer pour le recyclage des vêtements professionnels et des EPI d’ici 2027. Le recyclage des vêtements professionnels reste, pour beaucoup d’entreprises, une zone grise réglementaire. La REP EPI n’existe pas encore en tant que telle : seule une obligation de tri à la source s’applique aujourd’hui à ce flux de déchets. Mais une directive européenne récente et une étude lancée par l’Ademe redessinent le calendrier. Voici ce qui change concrètement, et pourquoi anticiper cette évolution devient un levier plutôt qu’une contrainte.

En résumé :

  • La REP EPI n’existe pas encore : seule une obligation de tri à la source s’applique aujourd’hui.
  • Une directive UE (2025/1892) pousse à l’élargissement des filières REP textiles aux vêtements professionnels.
  • Une étude Ademe, lancée en avril 2026, doit préciser le périmètre et le calendrier.
  • Aucune date d’entrée en vigueur n’est fixée à ce jour pour 2026-2027.
  • Structurer une collecte volontaire dès maintenant permet d’anticiper sans subir.

Recyclage des EPI et collecte : où en est la réglementation aujourd'hui ?

Le cadre réglementaire actuel du recyclage des EPI repose sur deux piliers distincts, souvent confondus. D’un côté, le décret n° 2021-950 impose depuis le 1er janvier 2025 un tri à la source des déchets textiles professionnels, EPI compris, aux côtés du papier, du métal, du plastique, du verre et du bois dans le cadre du tri dit « 9 flux » : une obligation de tri, pas une filière REP à part entière. De l’autre, le principe de la Responsabilité Élargie du Producteur (REP) s’applique déjà, mais uniquement aux textiles sanitaires à usage unique : masques, blouses ou surchaussures jetables. Les vêtements de travail réutilisables et la majorité des EPI techniques restent, eux, hors du périmètre de toute REP dédiée.

La REP Textile grand public, gérée par l’éco-organisme Refashion, couvre déjà les vêtements, le linge de maison et les chaussures des ménages, avec une prise en charge organisée à grande échelle. La nouvelle filière REP des textiles sanitaires à usage unique, elle, est opérationnelle depuis 2025 pour les masques et blouses jetables. Les matières professionnelles réutilisables comme les vêtements de travail, EPI, ou tenues de travail, restent en dehors de ces deux systèmes, ce qui explique l’attente autour d’un élargissement du périmètre.

Cette situation intermédiaire pourrait ne pas durer. Une directive européenne publiée fin 2025 pousse les États membres à élargir le champ des filières REP textiles, et la France a lancé les travaux d’analyse correspondants début 2026. C’est ce mouvement, encore à l’étude, qui structure les changements attendus pour 2026-2027.

Valorisation des textiles professionnels : que change la nouvelle directive européenne ?

La directive (UE) 2025/1892, publiée le 10 septembre 2025, modifie la directive-cadre européenne sur les déchets pour imposer aux États membres la mise en place d’une responsabilité élargie du producteur sur les produits textiles et accessoires du vêtement, qu’ils soient à usage ménager ou à un autre usage similaire par nature et composition.

L’objectif affiché derrière cette valorisation des textiles est de réduire l’enfouissement et l’incinération, et de financer la production de nouveaux textiles à partir de matériaux recyclés comme le coton, polyester ou en fibres mélangées récupérés sur les vêtements professionnels en fin de vie.

Ce texte ne crée pas, à lui seul, une REP vêtements professionnels opérationnelle en France. Il fixe un cap européen que chaque État doit ensuite transposer dans son propre droit national, avec une marge d’appréciation sur le périmètre exact et le calendrier. C’est précisément cette transposition qui est en préparation.

En France, l’Ademe a été mandatée par la Direction générale de la prévention des risques pour conduire une étude sur l‘élargissement du périmètre de la filière REP textile, lancée en avril 2026. Cette étude doit éclairer les arbitrages à venir sur les catégories de produits concernées et les modalités de mise en œuvre.

Recyclage des vêtements et produits de protection : quel périmètre pour la future REP ?

Tous les produits professionnels ne seraient pas logés à la même enseigne. La distinction entre vêtements professionnels et équipements de protection individuelle, déjà présente dans la réglementation actuelle, resterait structurante : un vêtement professionnel sert avant tout à identifier ou habiller un salarié, tandis qu’un EPI protège contre un risque défini.

L’élargissement étudié viserait en priorité les vêtements et accessoires du vêtement à usage professionnel comparables, par leur nature et leur composition, aux textiles ménagers déjà couverts par la REP existante : tenues d’image, linge professionnel, certains équipements textiles simples. Les EPI techniques composites, mêlant plastiques, métal et textile, comme les chaussures de sécurité ou les gants renforcés, poseraient des questions de classification plus complexes, déjà identifiées comme un point de vigilance par les acteurs du secteur.

Le nettoyage régulier de ces équipements avant leur remise en circulation, ainsi que l’allongement de leur durée de vie via l’éco-conception, font partie des leviers évoqués pour limiter les volumes à traiter en amont de toute obligation. Cette clarification du périmètre est justement l’un des objets de l’étude Ademe en cours, ce qui explique pourquoi aucune liste définitive de produits concernés n’est encore disponible à ce stade.

Chiffre clé :

289 400 tonnes de textiles ont été collectées en France en 2024 via la filière REP Textile grand public (Refashion), soit 4,27 kg par habitant, via 48 000 points d’apport volontaire. Un ordre de grandeur qui illustre l’ampleur que pourrait prendre un dispositif équivalent une fois étendu aux vêtements professionnels. 

Quel calendrier pour le secteur professionnel entre 2026 et 2027 ?

Entre le lancement d’une étude et l’entrée en vigueur d’une obligation, le délai se compte généralement en années plutôt qu’en mois. L’étude Ademe, engagée en 2026, doit d’abord produire ses conclusions avant qu’un projet de transposition réglementaire ne soit formellement engagé, puis soumis aux consultations habituelles.

Concrètement, 2026-2027 correspond davantage à une période de cadrage et d’anticipation qu’à une échéance de mise en conformité obligatoire. Aucune date d’entrée en vigueur d’une REP vêtements professionnels ou EPI n’est aujourd’hui fixée, alors que de nombreux vêtements professionnels et EPI sont mis sur le marché chaque année. Les entreprises qui attendent une notification officielle avant d’agir risquent surtout de découvrir la contrainte au moment où elle devient la moins facile à absorber, une fois le texte publié et les délais de mise en conformité comprimés.

Comment les entreprises peuvent-elles anticiper sans attendre l'obligation ?

Anticiper ne signifie pas se conformer à une règle qui n’existe pas encore : il s’agit d’organiser, dès maintenant et sur une base volontaire, une collecte structurée et traçable des EPI et vêtements professionnels en fin de vie. Cette démarche prépare le terrain sans attendre un texte contraignant, tout en produisant des bénéfices immédiats.

Trois actions concrètes permettent d’amorcer cette anticipation : 

  • cartographier les volumes d’EPI et de vêtements professionnels générés par site, 
  • installer des box de tri dédiées pour éviter leur mélange avec les ordures classiques, 
  • choisir un partenaire capable de structurer une filière de recyclage fiable

L’employeur reste responsable de la bonne gestion de ces équipements, de leur attribution aux salariés jusqu’à leur fin de vie.

Keenat propose une solution de collecte des masques et EPI pensée pour ce type de démarche volontaire avec un service de traçabilité documentée de chaque flux. Entreprises et collecte des EPI sont de plus en plus étroitement associées dans l’industrie, le BTP et le secteur médical, en anticipation d’une éventuelle obligation de recyclage élargie plutôt qu’en réaction à une obligation déjà en vigueur.



Anticiper la REP : quel intérêt économique et RSE pour l'entreprise ?

Une entreprise qui structure sa collecte avant l’entrée en vigueur d’un texte évite l’effet de précipitation qui accompagne souvent une nouvelle obligation : recherche de prestataire dans l’urgence, coûts non anticipés, délais de mise en conformité serrés. Elle dispose au contraire du temps nécessaire pour choisir un partenaire adapté et intégrer ce flux dans son organisation existante.

Cette anticipation se valorise aussi en dehors de la seule conformité. Intégrée à une démarche RSE en entreprise, elle alimente directement les rapports RSE et les obligations de reporting CSRD, avec un historique déjà constitué le jour où la réglementation formalise l’obligation. Elle permet aussi de suivre dans la durée le taux de recyclage effectif des équipements collectés, un indicateur de plus en plus demandé par les parties prenantes. Une part significative de ces opérations de collecte est aujourd’hui assurée par des structures de l’insertion par l’activité économique, ce qui ajoute une dimension sociale documentable à la démarche environnementale.

En bref :

La REP EPI n’existe pas encore, mais la trajectoire est claire : une directive européenne pousse à l’élargissement des filières REP textiles, une étude Ademe est en cours depuis 2026, et le calendrier précis du traitement et de la valorisation de ces flux reste à préciser. Entre le tri obligatoire déjà en vigueur et une future REP encore à l’étude, les entreprises ont une fenêtre pour structurer leur collecte sur une base volontaire, plutôt que de la subir dans l’urgence le jour où le texte sera publié.

Vous souhaitez anticiper l’évolution de la réglementation sur les EPI et vêtements professionnels ? Keenat vous accompagne dans la mise en place d’une collecte volontaire et traçable. Devis gratuit, réponse sous 24h.

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Sandrine Poilpré

À propos de l’auteure :

Sandrine Poilpré, co-fondatrice de Keenat, Sandrine est une experte reconnue dans l’économie circulaire et la gestion des déchets spécifiques. Depuis la création de l’entreprise, elle milite pour transformer les déchets « oubliés » (mégots, masques, chewing-gums) en ressources durables. Sa vision ? Une entreprise ne doit laisser aucune trace négative, seulement de la valeur. Elle accompagne quotidiennement les grands groupes et les collectivités dans leur transition écologique via des solutions innovantes comme l’offre de recyclage des EPI.

Questions fréquentes

Flèches verte Keenat France, sensibilisation, collecte, recyclage et valorisation des déchets

La REP EPI existe-t-elle déjà en 2026 ?

Non. Seule une obligation de tri à la source s’applique aux EPI textiles depuis 2025. Une REP dédiée aux vêtements professionnels et EPI techniques est à l’étude, pas encore en vigueur.

Elle impose aux États membres de mettre en place une REP sur les produits textiles professionnels comparables aux textiles ménagers, à transposer ensuite dans le droit national de chaque pays.

Le périmètre exact reste à définir par l’étude Ademe en cours. Les vêtements d’image seraient a priori davantage concernés que les EPI techniques composites, plus complexes à classer.

Non, ce n’est pas nécessaire. Organiser une collecte volontaire et traçable dès maintenant permet d’éviter la précipitation et d’alimenter les rapports RSE en amont de toute obligation formelle.

Le tri à la source oblige à séparer les déchets textiles des autres flux. Une REP va plus loin : elle organise et finance la collecte et le traitement via une éco-contribution versée par les metteurs sur le marché.

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