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Recycler les lunettes de protection jetables en entreprise

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Sur un chantier, dans un atelier ou en laboratoire, les lunettes de protection s’usent, se rayent et finissent tôt ou tard remplacées. Reste une question rarement traitée : que faire de ces équipements une fois hors d’usage ? Le recyclage des lunettes de protection demeure un angle mort de la gestion des déchets en entreprise, alors que ces objets, comme tout EPI, représentent un gisement de plastique technique parfaitement valorisable. Voici comment structurer une collecte efficace, sans multiplier les prestataires ni complexifier vos process internes.

 

En résumé

  • Les lunettes de protection usagées sont des déchets industriels banals (DIB) composés de plusieurs matériaux (polycarbonate, plastiques techniques, métal, mousses), ce qui impose une collecte séparée et un tri spécifique avant toute valorisation.
  • La mise en place d’une boîte de collecte dédiée sur les sites de travail permet de récupérer facilement les lunettes en fin de vie. Pour gagner en efficacité, cette collecte peut être intégrée à une démarche globale de recyclage de l’ensemble des EPI (casques, gants, masques, etc.).
  • Après collecte, les lunettes sont démantelées afin de séparer les différentes matières. Le polycarbonate des verres est recyclé lorsqu’il répond aux critères de qualité ; les matériaux non recyclables sont orientés vers une filière de valorisation énergétique afin de limiter l’enfouissement.
  • Une gestion organisée de la fin de vie des lunettes de protection contribue à la conformité réglementaire et aux engagements RSE de l’entreprise. La traçabilité des volumes collectés, des matières valorisées et des certificats de traitement permet de répondre aux exigences des audits environnementaux et de mesurer concrètement les performances de recyclage.

Pourquoi les lunettes de protection usagées ne se jettent pas avec les déchets classiques ?

Les lunettes de sécurité utilisées en entreprise entrent dans la catégorie des déchets industriels banals (DIB). L’article L541-2 du code de l’environnement impose à toute entreprise d’assurer l’élimination ou la valorisation de ses déchets dans des conditions qui ne portent pas atteinte à l’environnement. Jetées avec les ordures classiques, les lunettes de protection ne bénéficient d’aucun tri : elles partent en enfouissement ou en incinération, sans distinction entre la monture, les verres et les éléments métalliques qui les composent.

La difficulté tient justement à cette diversité de matières. Une paire de lunettes de protection combine souvent du polycarbonate pour les verres, du plastique technique ou du métal pour la monture, parfois des mousses ou des joints. Ce mélange rend le tri manuel indispensable avant tout recyclage matière.

Quelles solutions de collecte existent pour les lunettes de sécurité ?

Le principe de la boîte de collecte dédiée

La solution la plus répandue consiste à installer une boîte de collecte dédiée sur les postes de travail ou dans les vestiaires. Les collaborateurs y déposent leurs anciennes lunettes de protection au fil de l’eau, sans rupture dans leur activité. Une fois pleine, la boîte est envoyée ou récupérée pour être triée, démantelée puis dirigée vers les filières de recyclage adaptées à chaque matière.

Une solution mono-flux, utile mais limitée à un seul type d'EPI

Ce type de dispositif fonctionne bien, mais il traite un seul flux : les lunettes. Or une entreprise gère rarement un seul type d’équipement de protection individuelle en fin de vie. À titre de comparaison, le recyclage des lunettes de vue (verres correcteurs) suit un circuit différent : plusieurs associations collectent les anciennes montures et les vieilles lunettes pour les reconditionner et les redistribuer, une logique de réemploi solidaire qui ne s’applique pas aux lunettes de sécurité industrielles, destinées au recyclage matière.

Comment intégrer la collecte et le recyclage des lunettes de protection dans une gestion globale des EPI ?

Alors où jeter les EPI ? Plutôt que de multiplier les prestataires par type d’objet, la mise en place d’un point de collecte unique pour l’ensemble des équipements de protection individuelle simplifie l’organisation. Lunettes, casques de sécurité, gants à usage unique et masques peuvent être déposés dans des boxs dédiées pour chaque EPI. Pour les entreprises qui gèrent des volumes importants, un big bag permet de centraliser la collecte sur un site industriel ou un chantier. Une box en carton suffit pour des flux plus modérés, en bureau ou en atelier.

Cette mutualisation réduit le nombre d’interlocuteurs, simplifie la sensibilisation des équipes, un seul geste de tri à retenir et facilite le suivi des indicateurs de collecte d’un bout à l’autre du parc d’EPI.

Le chiffre clé

Une boîte de collecte standard peut contenir plus de 400 paires de lunettes de protection usagées avant d’être envoyée en tri. 

Que devient la matière des lunettes de protection recyclées ?

Une fois triées, les lunettes de protection sont démantelées : les verres en polycarbonate sont séparés de la monture et des éléments métalliques. Le polycarbonate suit une filière de recyclage matière lorsque la qualité du flux le permet, pour redevenir une nouvelle matière première. Quand ce n’est pas possible (mélange de matériaux non séparables, salissure excessive) la valorisation énergétique prend le relais : une solution complémentaire, qui évite l’enfouissement pur et permet de récupérer de l’énergie plutôt que de perdre la ressource.

Cette prise en charge doit s’accompagner d’une traçabilité claire : bilan des volumes collectés, répartition entre recyclage matière et valorisation énergétique, certificat remis en fin de période. C’est ce niveau de conformité qui donne de la valeur à la démarche dans un reporting RSE ou lors d’un audit ISO 14001 et qui, plus largement, s’inscrit dans les obligations qui pèsent sur les fabricants comme sur les utilisateurs d’équipements de protection individuelle en matière de fin de vie.

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Sandrine Poilpré

À propos de l’auteure :

Sandrine Poilpré est la co-fondatrice de Keenat. Experte reconnue en économie circulaire, elle se passionne pour la gestion des déchets complexes. Elle aide quotidiennement les entreprises à comprendre l’obligation de recyclage des EPI. Ainsi, elle conçoit des filières sur-mesure pour les TSUU et les équipements professionnels. Profondément engagée, elle intègre systématiquement des partenaires de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) dans ses projets. Son objectif est très clair : allier stricte conformité réglementaire, protection de l’environnement et fort impact social local.
 

<span class="title" Questions fréquentes

4 flèches oranges Keenat Bordeaux, sensibilisation, collecte, recyclage et valorisation des déchets

Les lunettes de protection usagées sont-elles un déchet dangereux ?

Non. Elles relèvent des déchets industriels banals (DIB), à condition de ne pas être souillées par des produits chimiques ou biologiques à risque.

L’entreprise reste responsable de la fin de vie des EPI qu’elle fournit à ses salariés, jusqu’à leur élimination ou valorisation effective.

Le polycarbonate des verres est recyclé en nouvelle matière première quand la qualité du flux le permet ; sinon, il part en valorisation énergétique.

Oui, mais leur circuit diffère de celui des lunettes de vue classiques : elles suivent la filière EPI dédiée à l’entreprise, pas les points de collecte associatifs. Contactez un expert Keenat si vous souhaitez recycler des lunettes de sécurité à verres correcteurs. 

Il suffit d’installer une boîte ou un big bag dédié aux EPI, accessible aux équipes, puis d’organiser des enlèvements réguliers avec un prestataire.

Oui, à condition de disposer d’une traçabilité documentée : volumes collectés, matières valorisées, certificats de traitement.

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