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Sur un chantier de construction, la sécurité des travailleurs dépend avant tout du port rigoureux des équipements de protection individuels (EPI). Chaque EPI chantier a une durée de vie limitée. Passé un certain seuil, il perd son efficacité et devient un déchet. Gants usés, casques rayés, lunettes de sécurité déformées, chaussures de sécurité perforées : des milliers d’équipements de sécurité finissent chaque année dans des bennes générales, sans traçabilité ni filière adaptée.
Pourtant, les obligations de sécurité liées à ces déchets sont réelles, les sanctions sévères et les filières de valorisation existent. Cet article explique comment, sur chaque chantier de construction, identifier les EPI à collecter, organiser leur collecte et orienter chaque type vers la bonne filière, pour répondre à la fois aux exigences réglementaires et aux enjeux de prévention des risques environnementaux et sanitaires.
En résumé
Pour construire un plan de collecte efficace, il faut d’abord lister tous les EPI présents sur le chantier. Chaque type génère des déchets aux caractéristiques différentes, qui conditionnent directement la filière de valorisation à adopter.
Trop souvent jetées dans les corbeilles de vestiaire, les lunettes peuvent pourtant être collectées et recyclées. Les lunettes de protection et lunettes de sécurité en polycarbonate peuvent rejoindre une filière de recyclage plastique. La protection des yeux repose sur des équipements à renouveler fréquemment : une lunette rayée n’assure plus sa fonction et doit impérativement sortir du chantier via une filière adaptée plutôt que d’être remise en service ou jetée avec les ordures.
Le chiffre clé
Selon la CNAM, le secteur du bâtiment représente environ 15 % des accidents du travail graves en France pour 7 % des salariés. Les blessures aux mains, aux yeux et à la tête liées à des EPI usagés ou inadaptés restent une priorité dans la prévention des risques en BTP.
Les sanctions en cas de non-respect des obligations de gestion des déchets d’EPI sont graduées mais sévères. Pour le responsable de chantier : amendes administratives et poursuites pénales en cas de dépôt illégal ou de mélange de déchets dangereux. Pour les accidents liés à des EPI non remplacés : l’employeur s’expose à une peine de prison (jusqu’à 3 ans) et 45 000 € d’amende pour blessures involontaires aggravées. Le licenciement pour faute grave s’applique au salarié qui refuse de respecter les procédures de collecte établies.
Mettre en place une collecte efficace des EPI usagés repose sur une organisation calée sur les flux réels du chantier. Voici les étapes structurantes.
La première étape est un diagnostic des flux : quels EPI sont utilisés, dans quelle zone et par quel corps de métier ? Ce diagnostic permet de recenser les différents types d’EPI produits, d’estimer les volumes et de classer chaque flux selon son niveau de dangerosité. Les objets non souillés (casques, lunettes, gants propres) sont séparés des EPI potentiellement contaminés dès la source. Cette séparation, simple sur le papier, conditionne l’ensemble de la filière aval : un EPI dangereux mélangé à un lot de DIB peut contaminer l’ensemble du flux et déclencher une non-conformité réglementaire.
Des bacs ou big bags dédiés, dotés d’un marquage réglementaire clair et positionnés en sortie de vestiaire ou le long de la ligne de circulation principale du chantier, permettent une collecte efficace sans perturber les flux de travail. Ces mesures de prévention simples réduisent les erreurs de tri et garantissent que chaque EPI usagé est orienté vers une filière conforme aux normes. Le Plan de Gestion des Déchets de Chantier (PGDC) est obligatoire au-delà d’un certain volume et doit formaliser ces dispositifs dès la phase de préparation. Sur les chantiers de chutes de hauteur importants ou de démolition, des procédures spécifiques de dépose et de conditionnement des harnais et masques contaminés doivent être prévues.
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Sandrine Poilpré
À propos de l’auteure :
Casques de sécurité, gants de protection, lunettes de sécurité, chaussures de sécurité, vêtements de protection, protection des oreilles, masques respiratoires et harnais anti-chute. Chaque type suit une filière différente selon sa composition et son état.
Pas systématiquement. Un EPI non souillé est un DIB. Souillé par des produits chimiques, de l’amiante ou des agents infectieux, il devient un déchet dangereux soumis au BSDD.
L’entreprise qui emploie les travailleurs est le producteur des déchets d’EPI. Elle est responsable de leur gestion jusqu’au traitement final, quelle que soit la complexité de l’organisation du chantier.
Des boxs ou big bags avec marquage clair, positionnés en vestiaire ou en sortie de zone, séparés par type d’EPI. La classification dangereux / non dangereux doit être visible. Le tout formalisé dans le PGDC.
Non. Les EPI en thermoplastique simple (casques, lunettes) sont recyclables en matière. Les EPI composites (chaussures, harnais, gants multi-matières) relèvent généralement de la valorisation énergétique via la filière CSR.
Pas encore. La loi AGEC prévoit une extension des filières REP, mais aujourd’hui l’entreprise organise elle-même le traitement via un prestataire spécialisé.
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